Est un lac qu’on protège

Par Louis Pilote

Pour maintenir le niveau du lac Kénogami, le principe général est simple : ouvrir les « pelles » quand il pleut beaucoup et les fermer quand il pleut moins. C’est ainsi qu’on peut maintenir un niveau d’eau acceptable durant tout l’été.

Pendant plus de 20 ans, de 1984 à 2006, l’APLK avait cette demande simple et précise : maintenir le niveau d’eau acceptable pendant l’été, soit 113 pieds et demi. Ce dernier chiffre vient d’un sondage effectué en 1986 auprès des riverains et riveraines, qui à 85 %, aiment le lac à ce niveau.

En 2006, une entente entre le gouvernement et Elkem Métal vient changer la donne. On laisse l’eau dans le lac quand il pleut moins (apports faibles). Le lac est ainsi géré de façon plus stable et plus intéressante pour les riverains et les riveraines. Vingt ans de négociations ! Il faut dire un gros merci à ceux et celles qui ont tenu le fort de l’APLK pendant toutes ces années. Leur détermination a porté fruit et tout le monde en profite aujourd’hui.

En 2024, la gestion de l’eau est encore préoccupante, mais cette fois, elle semble liée aux changements climatiques. Doit-on modifier la gestion du lac Kénogami en tenant compte du réchauffement climatique qui semble apporter moins de neige l’hiver et plus de périodes de sécheresse pendant l’été ? Dans ce nouveau contexte, la gestion du niveau du lac Kénogami reste importante pour l’APLK. Ce n’est cependant pas l’unique préoccupation.

La protection du lac impose, selon l’APLK, une approche globale. Il faut aussi se préoccuper de la protection des rives, de la qualité du paysage, de la forêt autour du lac (aire protégée), de la qualité de l’eau, en fait du bien-être des gens. On nous affirme que toute modification autour du lac entraîne des conséquences insoupçonnées et indésirables. L’exemple frappant est la présence importante des goélands depuis l’installation d’un site de matières résiduelles non loin des rives du lac à Héberville. L’APLK nous incite donc à être vigilant et à devenir un protecteur actif du lac.

Le niveau stabilisé fait qu’il y a plus de bateaux sur le lac. Cette augmentation génère plus de bruit, plus de pollution, moins de quiétude. L’APLK s’interroge

sur les stratégies à adopter pour gérer cette situation qui peut devenir encore plus problématique. On parle beaucoup de lavage des bateaux avant la mise à l’eau. La ville a installé une station de lavage au parc Paul-Roger Cantin (Éperlan). Certains se moquent de ces installations, mais il faut comprendre qu’un bateau qui a navigué sur un lac envahi de bactéries néfastes contamine notre lac. Le lavage, «c’est une solution pour prévenir l’introduction et la contamination d’espèces envahissantes, sachant que celles-ci s’accrochent férocement à la coque, aux hélices et à la tuyauterie de votre bateau ainsi qu’à vos équipements nautiques. La transmission se fait facilement d’un plan d’eau à un autre, et de façon exponentielle », autrement dit, avec une croissance rapide et continue.

Le message actuel de l’APLK est donc de faire attention à toute transforma- tion que l’on veut effectuer sur les rives ou autour du lac. Il faut garder en tête que lorsqu’on dérange la nature, elle ne réagit pas forcément comme on le voudrait. Un lac est fragile et facilement perturbable. C’est le message de l’APLK. « Le protéger, c’est l’aimer », nous dit un membre.