Il est rare qu’une communauté humaine célèbre une catastrophe. Pourtant, en 1924, catastrophe il y eut au lac Kénogami. Presque la totalité d’une population fut forcée d’émi- grer pour cause de « développement économique » décrété unilatérale- ment par une grande compagnie forestière et des producteurs d’hydro-électricité avec la complicité des autorités civiles de l’époque. Qu’y a-t-il donc à célébrer 100 ans plus tard?
Les habitants actuels des lieux ont décidé que l’histoire qui entoure ces événements tragiques nous apprend des leçons qui continuent de nous inspirer et des valeurs encore présentes dans notre milieu.
Cette histoire raconte la détermina- tion des premiers habitants, colonisa- teurs courageux bien décidés à s’éta- blir sur des terres très peu propices à la culture et à l’élevage. Des docu- ments ont bien démontré la pauvreté de leurs conditions au début de leur arrivée. Ce n’est que plusieurs années plus tard que les employés de compagnies forestières contri- buèrent à former un petit village organisé. Détermination !
L’organisation d’une résistance par les villageois et leur solidarité après l’annonce des expropriations méritent également d’être souli- gnées, surtout pendant une période où l’information n’était pas aussi fluide que de nos jours. Solidarité, organisation, résistance!
On peut penser que ces valeurs ont percolé, sans que l’on sache vraiment comment, vers les citoyens actuels de LAC-KÉNOGAMI. Quelques exemples :
• La lutte de l’APLK (Association pour la Protection du Lac Kénogami) pour négocier, avec le gouverne- ment et les compagnies privées, un protocole pour la gestion du lac qui tienne compte des besoins des utilisateurs en été.
• La création d’un rassemblement de tous les organismes citoyens (le ROLK) pour assurer le développe- ment et les services disponibles dans leur milieu.
• La formation d’une coopérative d’entraide pour le rachat du dépan- neur menacé de disparaître, deve- nu l’un des plus beaux commerces du coin.
• La création d’une société pour la gestion et le financement des répa- rations de la Chapelle Saint-Cyriac et son utilisation pour des activités culturelles servant maintenant une partie de la région du Saguenay.
Détermination, solidarité, organisa- tion, résistance, des valeurs dont on peut dire qu’elles nous permettent de poursuivre nos efforts pour la qualité de vie des citoyens de Lac-Kénogami. Il y a de quoi célébrer ensemble avec toute la région.