Entrevue avec Yannick Gagnon


Par Hélène Mercier

Il ne le cache pas, le lac Kénogami, Yannick Gagnon l’a à cœur.

Je lui avais donné rendez-vous au chalet du Patro, comme s’il était chez lui. Avant de commencer l’entrevue, il a pris le temps de sentir, de regarder, de ressentir… La table était mise.

L’HOMME POLITIQUE

J’ai rencontré l’homme politique certes, mais surtout l’homme aux valeurs profondes. Lorsqu’il a fait campagne pour ce premier mandat, il a cogné à plusieurs portes de son comté. Il a écouté les gens et il a retenu trois éléments forts qui ressortaient de toutes ces discussions : l’urgence de l’hôpital de Jonquière, la survie de Jonquière-Médic et en particulier le lac Kénogami. Un sujet qui rejoignait ses valeurs et chatouillait son émotivité. Il devient sentimental quand il parle du lac Kénogami pour deux raisons : ses souvenirs de petit garçon et l’accessibilité à cette nature grandiose.

LE SENTIMENTAL

Quand il parle d’accessibilité, il craint que l’accès au lac devienne de plus en plus difficile pour une certaine partie de la population. Un de ses souhaits les plus chers, c’est que les rives du lac Kénogami demeurent accessibles aux gens avec des reve- nus plus modestes. Et cet aspect primordial d’avoir accès à cet environnement, à coût raisonnable, il le reconnait dans les installations de la Sépaq, du Camping Jonquière et du Centre Kéno-Patro.

Il le dit en tout modestie, ses plus beaux souvenirs de petit garçon, ils sont ici. Il se rappelle la chance qu’il a eue de pouvoir se baigner dans un lac, de grimper aux arbres, d’apprendre à pagayer et d’aller en canot. Ses plus belles expériences de vie avec les jeunes, c’est encore ici qu’il les a vécues comme moniteur au Patro. «Je partais avec un groupe de jeunes, j’allais de l’autre côté passer la nuit dans un refuge, faire des randonnées de raquettes, apprendre à cuisiner sur un feu de bois, les légendes racontées autour du feu ». Et dans 10 ou 20 ans, il espère que tous les petits garçons et filles de 5 ans qui n’ont pas accès à ce qui nous semble évident, qu’ils puissent venir piquer une tête à l’eau avec leurs amis et faire ce que lui a eu la chance de vivre à cet âge.

L’ACTION PASSE PAR LA CONCERTATION

Le côté plus rationnel de Yannick, c’est de voir le lac pour ce qu’il est le réservoir d’eau potable d’une grande partie de la population de Jonquière avec ses atouts et ses défis. Et lors de ses rencontres avec les gens, il s’est vite rendu compte que les gens y tiennent à leur lac. Il a été à même de constater la mobilisation de cette communauté, tous ces citoyens et citoyennes impliqués dans la protec- tion et la mise en valeur de leur lac.

Les défis nombreux l’ont amené à mettre en place une structure qui regroupe ces intervenants essentiels à l’identification des enjeux et des solutions possibles. Ce comité, le Comité de la qualité de l’eau du Lac Kénogami, regroupe des représentants des associations actives au lac Kénogami, soit l’APLK, l’OBV, la MRC, le MRN et des membres des municipalités impliquées : Saguenay, Larouche, Hébertville.

Ensemble, de façon concertée, ils travaillent sur les enjeux relatifs à la qualité de l’eau. La première urgence était la présence importante et inquiétante des nombreux goélands dans la baie Cascouia et les risques associés. Le sujet des débarcadères de bateaux et des stations de lavage sera un des prochains enjeux avec l’annonce d’un apport financier pour la réalisation de ce type de projets. Parallèlement, le travail se poursuit pour la protection des bandes riveraines.

Ce comité, très dynamique, pourrait-il être l’embryon d’une collaboration plus soutenue au fil du temps entre les différents intervenants de Saguenay, Larouche, Hébertville ?

LA COMMUNAUTÉ DE LAC-KÉNOGAMI

D’une façon plus personnelle, il trouve remarquables le dynamisme et la mobilisation des gens de Lac-Kénogami, une communauté en périphérie qui s’est dotée d’éléments structurants importants, de services incroyables et de gens qui mettent leur compétence au service de leur communauté. Il avoue avoir découvert la force de notre communauté alors qu’il était directeur du Patro en s’impliquant au sein du ROLK. Il constate les étoiles dans nos yeux quand il cite la relance de notre journal, un dépanneur qui s’agrandit et se modernise, une bibliothèque complète, une salle d’entraînement, une chapelle inspirante et ses concerts, la commémoration du 100e anniversaire du rehaussement des eaux à St-Cyriac. Cet événement qu’il qualifie de rassembleur nous permettra de voir le lac différemment, d’en apprendre plus sur ce qui s’est passé il y a 100 ans. Il pourra dire à son fils qu’il y a un «solage» à cet endroit et lui expliquer pourquoi ce village n’est plus là, pourquoi on a déplacé la chapelle. Il y voit même un attrait nouveau pour l’offre touristique régionale.

KÉNOGAMOIS DEPUIS PEU

Lac-Kénogami fait partie de son comté, mais c’est aussi son chez soi. Il est fier d’avoir fait le choix de venir s’établir à Lac-Kénogami avec sa petite famille. Pour Yannick c’est un privilège de pouvoir offrir ce cadre de vie à ses enfants, qui leur procure un bord de l’eau, une forêt, un mode de vie à plus ou moins 15km de la ville. C’est un retour aux sources…

Il termine en regardant encore le lac et en mentionnant qu’une des choses qui l’anime encore, c’est de s’assurer que les enfants de chez nous vont pouvoir continuer à se baigner, se tirer à l’eau, de chavirer en canot, de manger des guimauves autour du feu… dans un lieu sécuritaire, encadré.

Conservons ce que nous avons !

Laisser un commentaire